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Quelle école pour demain ? Les conclusions de Gavin Dykes

C'est le spécialiste de l'e-éducation Gavin Dykes qui a conclu notre journée « Quelle école pour demain ? ». Il a porté une vision positive sur la nécessité d’intégrer le numérique à l’école, non pas pour faire une école numérique, mais bien parce que l'outil permet de répondre à de nombreuses problématiques d'aujourd'hui pour construire l’école de demain.

Revivez son intervention en vidéo :

> « Il y a urgence »

En ces temps de crise et de chômage structurel, « les emplois de l'avenir seront très différents de ceux que l'on a connu par le passé », explique Gavin Dykes. L'école doit donc préparer les étudiants à un monde qui n'est pas celui d'aujourd'hui

« Il y a urgence », dit-il, car l'école ne s'est pas encore adaptée aux transformations des attentes en matière d'apprentissage : les activités pratiquées en classes, comme l'écoute prolongée d'un cours magistral en prenant des notes, ne correspondent pas à ce que les élèves déclarent aimer à l'école - des activités plutôt axées autour d'apprentissages pratiques, en groupe, en utilisant des ordinateurs.

Mais les choses bougent déjà : en s'appuyant sur le Rapport Horizon 2011, Gavin Dykes explique que la plupart des pays connaissent des pressions économiques sur leur système d'éducation. Ces pressions incitent à innover en matière d'enseignement, avec des résultats plus ou moins heureux : par exemple, lorsque le gouvernement britannique a décidé de libéraliser le programme d'enseignement dans certaines académies « pilotes », les résultats scolaires des élèves ont « augmenté du simple au double ».

La Finlande également, où il est laissé une forte autonomie des enseignants, « réussit très bien », déclare Gavin Dykes en citant l'étude PISA« L'autonomie permet aux écoles de mieux fonctionner », conclut-il, reconnaissant toutefois qu'« on peut lire ces chiffres de bien d'autres manières »

Gavin Dykes poursuit sa synthèse en énumérant les principales questions posées au cours de la journée. En les illustrant de nombreuses références, il relaie les réponses proposées par les intervenants :

Pourquoi devrions-nous changer ?

« Car il faut apprendre à gérer la quantité d'informations avec lesquelles nous devons à présent travailler. Avant l'existence des livres, le challenge était de trouver l'information. Sous l'ère du livre, il s'agit d'apprendre à indexer l'information. Dans cet âge post-livre où le nombre d'informations double tous les deux ans, il faut surtout réussir à naviguer dans l'abondance »

C'est pour cela que Gavin Dykes cite, parmi les compétences indispensables au XXIème siècle, la culture numérique en général : « savoir utiliser des technologies pour acquérir des compétences ».

> Comment gérer l'alphabétisation numérique ? 

Pour Gavin Dykes, l'enjeu est de responsabiliser les élèves, qui jouent un rôle bien plus actif dans leur apprentissage. Il propose d'examiner le cas du Danemark, qui autorise l'accès à Internet pendant les examens. Dans un tel cas, on ne pose pas la même question à l'élève : l'examen ne porte plus sur un stock de connaissances mais sur la capacité à trouver, à valider, à structurer l'information tout en la sourçant correctement.

Pour illustrer cette idée, Gavin Dykes présente Agastya, une fondation qui apporte les sciences dans les villages indiens : « En proposant des expérimentations simples, ils ont apporté des connaissances à deux millions d'enfants. Leur désir est de construire une nation d'enfants curieux, qui posent des questions ». 

Car c'est ce qui leur sera le plus demandé sur le marché de l'emploi.

 

> Comment intégrer les innovations dans le système éducatif ? 

« Par des actions concrètes », répond Gavin Dykes, qui présente l'exemple d'un club en dehors de l'école dans lequel les enfants peuvent apprendre à « créer des applications qui changent le monde ». L'occasion, pour Gavin Dykes, de rendre hommage aux jeunes entrepreneurs sociaux, et à leur « naïveté parfois brillante » : « Il faut les encourager à intervenir dans l'enseignement », dit-il. 

Il faut également étendre l'apprentissage au-delà de l'école : pour l'expert, il y a une distinction à faire entre l'apprentissage formel classique, et l'apprentissage en-dehors de l'école. 

« Dans la plupart des pays, on passe 15% de son temps à l'école. Est-ce qu'il n'y a qu'à l'école qu'on apprend ? Non : on peut proposer aux enfants de passer les 85% du temps de veille qui leur reste à faire des choses qui les éveilleront du point de vue éducationnel. Il faut reconnaître l'apprentissage informel, autant que le formel ». 

Enfin, le changement culturel nécessite qu'on amène les gens à l'autonomie, plutôt que de la leur imposer :

« Souvent nous sommes piégés dans les anciennes manières de faire. Je travaille à l'unité innovation au gouvernement britannique, et on a fait une expérimentation : permettre à une école de nous demander l'autorisation de faire abstraction de la loi en matière d'éducation pendant quelques années. 90% des demandes n'étaient pas nécessaire en réalité, parce qu'il n'y avait pas de loi... les barrières n'étaient que dans les esprits ! C'est la façon dont le système fonctionne à travers le monde, et qu'il faut savoir dépasser. C'est une façon d'aider les enseignants à être les instruments du changement ». 

Et Gavin Dykes de citer les nombreuses thématiques évoquées au cours de la journée : 

« Il faut que les élèves soient responsables de leur propre apprentissage, envisagé comme une succession de défis et de projets. Avec cette idée du plaisir d'apprendre, d'avoir des maths, plus intéressantes que le simple calcul. Il faut enfin des infrastructures technologiques, enfin, qui sont essentielles à condition d'orienter en parallèle les contenus en vue de l'acquisition de connaissances ». 

Le dernier enjeu soulevé par Gavin Dykes est celui des données de l'apprentissage et de la progression des élèves, qu'il s'agit de collecter et de montrer au professeur et à l'élève lui-même. De la même manière que l'open data ou la data visualisation permettent de « créer de nouveaux débats politiques », cette thématique est pour lui une piste à explorer pour donner à l'enseignant la maîtrise de sa transmission, et à l'étudiant la maîtrise de son apprentissage. 

> Pour aller plus loin

Publié le

Wednesday, May 02, 2012 6:26 PM

Source

RSLN
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